Votre corps ira là où votre cœur le décidera

IMG_1079-1

Votre corps ira là où votre cœur le décidera

Vous rappelez-vous la dernière fois où vous avez réellement été fier de vous ? La dernière fois où l’émotion a fait éruption en vous comme un volcan, sans que vous ne vous y attendiez ? La dernière fois où vous avez regardé le bleu du ciel en vous sentant empreint de gratitude ? La dernière fois où vous avez réalisé un rêve ? J’ai vécu tout ce cela en seulement quelques heures, dimanche dernier, et je surfe présentement encore sur cette énorme vague d’euphorie !

Mon mantra, depuis septembre dernier ? « Constance ». Je n’ai jamais été une fille sportive, l’activité physique ne faisant partie de ma vie que de façon sporadique. Déjà, au secondaire, j’avais une vraie fascination pour les coureurs lors des courses annuelles, alors que moi, j’étais celle qui marchait et qui suffoquait derrière tout le monde. Si je me suis toujours imposé de bouger, c’était pour contrôler mon poids, sans plaisir, et ce au gré des résultats obtenus sur la balance. Aujourd’hui, à 46 ans, je suis en pleine pré-ménopause, j’ai un surplus de poids et mes émotions sont en montagnes russes. Malgré tout, j’ai choisi la santé, tant physique que mentale. Je me suis carrément imposé ce choix, exténuée d’attendre le fameux « déclic » qui me ferait enfin prendre conscience de mon inertie face à ma propre santé.

E7427413-0AEE-4AAA-8459-738DC152D94E

C’est en septembre dernier que j’ai décidé de tester par moi-même l’effet antidépresseur du sport. Je souhaitais ressentir à mon tour les fameux effets des endorphines. Je me suis donc concentrée sur le mot d’ordre, « constance », et surtout, j’ai arrêté d’écouter cette petite voix dans ma tête qui me disait de rester couchée, bien au chaud, qu’il était trop tôt, que 5h du matin, ce n’était pas une heure pour aller nager ou encore que je serais ensuite trop fatiguée. Petit à petit, l’automne est passé, mes émotions étaient stables, j’étais de bonne humeur et je me sentais mieux. Puis, je me suis dit que je pourrais essayer de courir.

Pourquoi la course ? Simplement parce que toutes les fois où j’ai réussi à courir, ne serait-ce que quelques minutes, je me suis ensuite sentie forte et vivante. Alors, pourquoi ne pourrais-je pas le faire ? Pourquoi moi, Josée, je ne serais pas capable de courir alors que plein de Mères-Veilleuses y arrivent ? Déjà, au cours des dernières années, j’ai essayé de courir à trois reprises, 30 secondes à la fois, pour finalement m’arrêter à cause d’une blessure, par simple découragement ou encore pour avoir écouté les gens autour de moi me dire que je n’avais pas la shape d’une coureuse.

J’ai donc entrepris, en janvier dernier, un 4e programme pour m’y mettre. Je marche, puis je cours. Parfois, je trouve l’exercice violent, mais je ne me mets pas de pression de performance… pas cette fois. Non, je n’ai pas l’allure d’une coureuse, ni la technique parfaite, ni le look. Par contre, je me répète que je suis déjà mieux que toutes ces personnes qui me jugent, confortablement assises sur leur divan.

Récemment, mon amie Nataly m’a invitée à m’inscrire au « Tour de l’horloge », une course de 5 kilomètres avec un départ de Mères-Veilleuses. Sur le coup, j’ai hésité… mon petit bousilleur intérieur me répétait que je n’en serais pas capable, que ce serait trop long, que je ne cours pas assez vite ni assez bien. Puis, mon cœur m’a dit : « Pourquoi pas ? » Alors, je me suis rassurée; comme je n’ai jamais couru plus de 10 minutes en continu, dans le pire des cas, je marcherais !

3E561AE5-F69F-4589-AE51-9FE7F06558AF-1

Le dimanche matin, à 10h45, je suis à la ligne de départ avec quelques centaines de Mères-Veilleuses. Je suis fébrile, j’ai des papillons dans le ventre. J’observe ce beau groupe de femmes déterminées, inspirantes et énergiques. Puis, je réalise que je fais partie de ce groupe, que je suis là aussi. Je décide donc de faire violence à mon petit bousilleur, puis mon cœur prend le contrôle : mon corps ira là où je déciderai de le pousser.

Lorsque le départ est donné, je cours. Je suis une coureuse ! Quelle ivresse ! Je croise le premier kilomètre, puis le deuxième et le troisième. Je ne me suis pas encore arrêtée : mon rythme est parfait et je me laisse porter par la musique à mes oreilles. Go, Josée ! Continue, ça va bien ! Puis, arrivée au quatrième kilomètre, quatre jeunes garçons tapent dans leurs mains et me crient : « Go, madame ! » À ce moment, la boule d’émotions surgit sans crier gare. Je lève les yeux au ciel et je réalise que je suis là, en train de réussir. Je réalise un rêve, j’avance, je brille, je suis en vie… enfin, je vibre ! Les larmes coulent sur mes joues et je n’arrive plus à respirer. Apparemment, courir, pleurer et respirer ne sont pas des actions facilement compatibles !

IMG_1079-1

Je suis incapable de poursuivre, mais une Mère-Veilleuse passe près de moi et de dit : « Viens avec moi, on va finir ça ensemble. » Je reprends donc ma course. Elle me parle, fait le décompte des derniers 1000 mètres et m’encourage. Elle a réussi à me donner des ailes jusqu’au fil d’arrivée. C’est la gorge nouée, incapable de prononcer un mot et en me concentrant sur ma respiration qu’en sa compagnie, j’ai réussi. Solidarité, entraide, appartenance… Quelle euphorie, et quelle fierté ! Merci la vie !

J’espère de tout mon cœur pouvoir un jour être cette étincelle pour une autre personne.

IMG_1077-1

Par Josée Fournier

Commentaires