Vivre l’abandon d’un parent, ça fait mal

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Vivre l’abandon d’un parent, ça fait mal. J’imagine que c’est long avant de s’en remettre ! Ça prend beaucoup de travail sur soi avant de pouvoir s’en sortir. Pour ma part, ça me demande du temps pour guérir mon petit cœur et apprendre à me pardonner.

Pourquoi me pardonner, me demanderez-vous ?

Je dois me pardonner pour m’être dit trop souvent que c’était ma faute, soit chaque jour de ma vie. J’ai parfois l’impression qu’on a volé mon petit cœur d’enfant, qu’on l’a lancé d’un côté, puis que, de l’autre, on m’a imposé de l’amour pour ensuite me le retirer. On m’a cajolé pour ensuite me laisser seule. On m’a dit « je t’aime » pour ensuite laisser place au silence et à l’indifférence. On m’a dit de faire confiance et on a fini par me trahir, chaque fois. Peut-être ai-je été naïve de croire en l’amour ou simplement de croire que l’amour inconditionnel existait !

J’ai tellement envie de hurler la rage, la peine, la colère et l’incompréhension que j’ai en dedans ! Je veux hurler à en perdre la voix ! Et ça me détruit profondément. J’ai tellement de questions pour lesquelles j’espère encore des réponses ! Des réponses qui, je le sais, n’arriveront jamais. J’aimerais seulement savoir que j’étais assez. Je veux savoir que ce n’est pas ma faute si on n’a pas été en mesure de m’aimer jusqu’au bout. La douleur que j’éprouve est insupportable. Je souris, certes, mais mon cœur pleure.

J’ai l’impression que l’histoire se répète une deuxième fois. Je vois quelqu’un que j’aime profondément se détacher et donner de l’amour qui m’était autrefois destiné à d’autres. Je n’ai plus le droit à cet amour. Une deuxième blessure vient de se créer et je me demande comment elle pourra guérir. J’imagine qu’encore une fois, je n’étais pas assez ou encore que je suis maintenant inutile.

La période des fêtes approche et j’ai envie de hurler au lieu de fêter. J’ai envie d’être seule au lieu de me retrouver en famille. Je dois vivre ma peine. Je ne veux pas laisser mon trouble alimentaire gérer ma douleur encore une fois. On dit qu’une peine d’amour fait mal. Pour ma part, l’abandon en est une, et c’est une douleur qui ne disparaît pas. La douleur fait partie de moi. Les souvenirs me suivront toute ma vie. J’aimerais pourtant arriver à leur trouver une petite boîte afin de les classer, puis les ranger dans le fond de ma garde-robe pour ensuite ne les sortir qu’au besoin. Vivre le deuil d’une personne décédée, c’est éprouvant. Mon deuil à moi, je peux le croiser n’importe où sur mon chemin.

Aujourd’hui, j’ai décidé de regarder le ciel en marchant parce que je n’en peux plus de regarder mes pieds. Le ciel, c’est joli et ça redonne espoir même quand il pleut. Un jour, je regarderai droit devant moi.

Pour le moment, je retrouverai le soleil dans mon cœur, un jour à la fois.

JE SUIS ELIE: @jesuiselie

Elizabeth2

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