Saute ou reviens-en !

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Saute ou reviens-en !

En 2012, je participais au tournage de l’émission Le parcours, animé par Chantal Lacroix. Dans le cadre de cette téléréalité, nous avions à relever plusieurs défis. À chaque émission, nous avions à nous dépasser ou encore à aller au-delà d’une de nos peurs.

Pour moi, c’était la peur des hauteurs qui était presque débilitante. Lorsque je traversais le pont Jacques Cartier, j’avais des sueurs froides. Je voyais l’eau sous ma voiture et je me voyais déjà tomber dans le fleuve… Donc, au moment où j’ai rempli le formulaire d’inscription pour l’émission, j’avais l’impression que je me rendais vulnérable en nommant cette peur. En fait, j’avais bien raison ! Ha ! Ha !

À un certain moment, nous tournions un épisode à Québec où nous avions fait de la décalade à l’extérieur de l’Hôtel Pur, haut de treize étages. C’était pour moi absolument terrorisant ! À peine quelques jours plus tard, nous nous sommes retrouvés à Coaticook. La belle Chantal, vêtue d’un coton ouaté rouge muni d’oreilles de diable, nous invitait à faire le saut de l’ange. Alors que le simple fait de traverser le pont en cordes était pour moi la fin du monde, là, on m’informait que j’allais me lancer dans le vide.

C’était beaucoup pour moi. Chantal m’a prise à part et m’a rappelée que je n’étais pas obligée de sauter. Ce n’était pas tous les jours que j’aurais à sauter d’un pont et je pouvais choisir de garder les deux pieds bien ancrés sur la terre ferme. Cependant, elle m’avait aussi mentionné que si je faisais le choix de ne pas sauter, je devais alors accepter de ne pas l’avoir fait. Je crois, profondément, que nous ne sommes jamais obligé de faire quoi que ce soit. Pour moi, tout dans la vie est une question de choix. Rester ou partir, continuer ou arrêter, rire ou pleurer. En même temps, je crois aussi qu’il faut assumer ses choix.

J’ai donc traversé la clôture de garde. J’ai passé plus de dix minutes à hésiter. Je saute, je ne saute pas, j’y vais, je n’y vais pas. Finalement, à un moment donné, j’ai entendu une phrase qui me résonne encore dans la tête aujourd’hui. Chantal m’a lancé : « Caro, fais confiance au mécanisme ! »

Faire confiance au mécanisme. Aujourd’hui, je comprends l’ampleur de ces paroles. Si je me fais confiance, en écoutant ma voix intérieure, je ferai toujours le bon choix. Parfois, ce choix m’amènera vers des souffrances énormes et, d’autres fois, ce sera vers une extase complète. Peu importe l’issue, un jour je comprendrai pourquoi j’avais à vivre ce moment. Si je tombe, c’est pour mieux me relever. Si je me rends au sommet, c’est pour la vue, mais aussi pour reconnaître le chemin parcouru.

Et vous, faites-vous confiance au mécanisme ? Est-ce que vous prenez le temps de respirer et de vivre selon le battement de votre cœur ?

En octobre 2012, lorsque j’ai lâché la corde, j’ai fait confiance au mécanisme. J’ai compris que je pouvais réaliser n’importe quoi, en autant que j’écoutais la voix la plus importante dans ma vie… la mienne!

* Extrait vidéo de mon saut de l’ange à Coaticook:

Par Carolyn Murphy

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